Prier pour se désapproprier 1/5

Cette semaine, dans l’émission Halte spirituelle sur radio RCF, la Radio Chrétienne Francophone, je m’entretiens avec Béatrice Soltner sur le thème de la prière.

Nous commençons cette série par la question du « comment prier ? ».
Cette question revient régulièrement, car bien souvent nous ne savons pas ce qu’est la prière ni ce qu’elle ne doit pas être.
Si une prière peut être exprimée en public, pour qu’elle soit efficace et personnelle, il convient de s’isoler complètement, afin d’être libre avec soi-même : être libéré du regard d’autrui et des risques du « qu’en dira-t-on ? ». Ainsi, la prière peut-elle être vraie, sincère et profonde. A l’image du psalmiste, nos paroles peuvent être théologiquement correctes ou non. En tous les cas, elle seront révélatrices de nos manques ou de nos besoins. A partir de là, il est possible de faire quelque chose de ce qui nous arrive.

Il est très clair ici que Dieu ne nous répond pas comme un interlocuteur le ferait, en générant des ondes sonores que nos tympans capteraient. Si l’air se met à vibrer,  ce n’est pas le fait d’un au-delà ou d’une divinité invisible, mais d’une autre personne, parfaitement humaine, qui prononce  une parole qui fait sens pour nous : une parole qui vient nous toucher d’une manière particulière, qui nous fait grandir et nous remet sur pieds. C’est d’ailleurs là tout l’enjeu de la prédication, point culminant du culte protestant.

La lecture est aussi un moyen par lequel Dieu peut s’exprimer. La Bible est bien-sûr un livre – une bibliothèque – de choix pour cela, à condition toutefois de se demander ce que le texte que nous lisons signifie pour nous. Qu’est-ce qu’il a à nous dire ? D’autres lectures rendront cela possible également, ainsi que des rencontres entre des personnes dont la conversation n’en reste pas à la surface des choses. Que produisent ces lectures, ces dialogues ? Du décalage, l’expression de ce qui nous concerne avec d’autres mots que ceux que nous aurions choisis. Cela peut aussi mettre à jour quelque chose de profondément caché mais bien présent, dont nous n’avions pas conscience jusque là : une disposition intérieure, un désir, etc. Ce déplacement crée alors une distance qui nous aide à mieux nous observer et donc à  mieux nous comprendre. Cela nous donne un nouveau point de vue sur la situation ce qui est l’occasion d’envisager de nouvelles possibilités d’être.

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