Un bon samaritain



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Luc 10/25-37

25 Et voici, un docteur de la loi se leva pour l’éprouver, et dit : Maître, que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle ?
26 Et il lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi ? Comment lis-tu ?
27 Et répondant, il dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée » ; « et ton prochain comme toi-même ».
28 Et il lui dit : Tu as bien répondu ; fais cela, et tu vivras.
29 Mais lui, voulant se justifier lui-même, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ?
30 Et Jésus, répondant, dit : Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho, et tomba entre [les mains des] voleurs, qui aussi, l’ayant dépouillé et l’ayant couvert de blessures, s’en allèrent, le laissant à demi mort.
31 Or, par aventure, un sacrificateur descendait par ce chemin-là, et, le voyant, passa outre de l’autre côté ;
32 et pareillement aussi un lévite, étant arrivé en cet endroit-là, s’en vint, et, le voyant, passa outre de l’autre côté ;
33 mais un Samaritain, allant son chemin, vint à lui, et, le voyant, fut ému de compassion,
34 et s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin ; et l’ayant mis sur sa propre bête, il le mena dans l’hôtellerie et eut soin de lui.
35 Et le lendemain, s’en allant, il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier, et lui dit : Prends soin de lui ; et ce que tu dépenseras de plus, moi, à mon retour, je te le rendrai.
36 Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé entre les [mains des] voleurs ?
37 Et il dit : C’est celui qui a usé de miséricorde envers lui. Et Jésus lui dit : Va, et toi fais de même.

One comment

  1. Ce n’est pas pour rien qu’au moyen age l’Islam a interdit la lecture du traîté d’Aristote sur la raison, une volonté de dominer par la loi et le dogme.Lorsqu’une communauté religieuse en arrive à ce stade de développement elle perd « la vie Eternelle ».Elle vit dans la crainte tout les jours et les actions de ses membres n’ont pour but que de se sauver eux même.C’était le cas de l’église catholique aussi avant que Luther revienne à l’essentiel, nous sommes sauvés par la foi et non par nos actions.C’était aussi à l’origine ce qui a sorti « Saint Augustin » de son hérésie en réalisant que si le manichéisme conditionne nos actions par le résultat de deux forces opposées qui agissent en nous, il n’y a plus de place alors pour le libre arbitre qui seul fait de nous des êtres réellement vivants, maîtres de nos choix et de notre destin.Par cela, Augustin est peut être plus le premier protestant que Martin Luther.
    C’est ce choix qui fait que l’on peut vivre chaque jour sans crainte du chatiment de de la mort, c’est peut être en fait cela la vie éternelle. Que ce soit à l’époque de Jésus ou de Saint Augustin la mort et le chaos étaient bien présents dans la conscience de tous.Saint Augustin écrit à un moment: « A dix neuf ans, parmi mes amis qui n’étaient pas morts ».
    Etre sauvé par la façon dont nous agissons en conscience et non en fonction de la loi ne relève pas que de la théologie et de la morale, mais de la raison humaine, c’est la conclusion du procès de Nuremberg: »qui que vous soyez vous pourrez jamais vous justifier de la loi en place au moment vous agissez, mais de la façon dont vous avez agit en conscience.Et c’est un des plus grand anthropologue du vingtième siècle, Claude Lévi Strauss, qui nous dit que c’est l’empathie qui résout les conflits plus que la loi elle même: »Tout conflit ne vient pas du fait que la loi n’a pas été respectée, mais du fait du sentiment que la loi n’a pas été respectée ».
    Un grand merci une fois de plus pius pour ce talent de l’exégèse et de l’Herméneutique en nous faisant redécouvrir ce passage de Luc, où Jésus semble être ici non pas en plein air comme souvent, mais dans un lieu de débat et « de debriefing » au retour « du commando des soixante dix », où finalement il se montre comme parfois assez dur, il ne dit pas au docteur de la loi: »va ta foi t’a sauvé.
    Nb: il y a quelques temps déjà, le pasteur Woody corrigait le terme de Saint Augustin par Augustin tout court et j’avais pris au départ cette rectification comme de l’ironie protestante et souriante vis à vis de notre soeur catholique, mais après avoir écouté cette étude biblique je comprend que cela s’inscrit pleinement dans sa vision théologique de la « grace » et qu’il me pardonne si je l’utilise préférentiellement dans le futur, ce sera plus pour respect pour son phénotype sociologique que par provocation.

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