Notre humanité portée à 100% en Jésus Christ

Ecouter le culte – télécharger

Ecouter la prédication – télécharger

Galates 3/26-28

Frères, vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ. En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n’y a plus ni juif ni païen, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous êtes un dans le Christ Jésus.

Chers frères et sœurs, voyons quelles conséquences nous pouvons tirer de ces versets de l’épître de Paul aux Galates.

  1. Au niveau social

Tout d’abord, le propos de l’apôtre Paul a une répercussion au niveau social. Bien avant la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, Paul établit une égalité entre tous, quelle que soit l’origine, quelle que soit la condition actuelle, quel que soit le sexe. Cette égalité, qui est une égalité de dignité, est exprimée par la formule « vous êtes un ». Il serait tentant d’y voir une vaste fusion de chaque être qui perdrait ses attributs dans un grand tout. Il n’y aurait plus aucune singularité, aucune personnalité, aucune spécificité : nous serions tous rendus anonymes dans une identité globale qui serait l’identité chrétienne.

Mais « vous êtes un, dans le Christ Jésus » ne devrait pas être compris comme le rangement de tous les êtres vivant sous la bannière du christianisme. Paul n’a jamais assimilé le Christ Jésus au christianisme. Certains ont pu être tentés de considérer que l’Eglise visible était l’incarnation actuelle du Christ Jésus et qu’il n’y avait point de salut en dehors de cette Eglise, mais Paul ne prêche pas l’Eglise. Il prêche le Christ en qui tous peuvent trouver une identité qui dépasse largement les petits bouts d’identité dont nous nous affublons ou dont nous affublons les autres.

Ainsi, juif, païen, homme, femme, esclave, libre, sont des catégories du texte biblique qui sont considérées par Paul comme très insuffisantes pour dire qui est quelqu’un. De nos jours, d’autres catégories pourraient être convoquées. La plus évidente est le travail. Observez comme les présentations individuelles faites par chacun, dans une réunion où nul ne se connaît, disent combien le travail est prédominant dans l’identité. Dans les réunions d’Eglise, il est fréquent de se présenter en disant « Je suis untel, j’ai tel âge, et je fais tel métier ». Comme si l’âge était une part de notre identité alors qu’il n’y a rien de plus changeant que l’âge et comme si l’emploi disait effectivement qui nous sommes. A la suite de Paul, il n’y a plus ni jeune ni vieux, il n’y a plus ni fonctionnaire, ni salarié, ni employeur, ni chômeur. Les identités transitoires ne sont pas retenues comme des éléments fondamentaux de notre identité ou, pour le dire plus simplement, nous valons mieux que notre âge, notre activité, notre lieu de naissance. Nous valons mieux que notre confession religieuse et que nos appartenances à des clubs, des partis, des syndicats, des académies, des ordres, des confréries. En Christ, nous atteignons un degré supérieur de dignité qui ne doit rien à nos mérites ni aux mérites qu’on nous reconnaît. En Christ, nous atteignons un degré supérieur de dignité qui ne doit rien aux circonstances, aux aléas ou aux turpitudes de l’histoire. C’est la raison pour laquelle le propos de l’apôtre Paul a une conséquence majeure sur le plan social : elle dit l’égale dignité de tous, nous sommes tous appréciés à partir de notre appartenance en Christ ou, pour le dire autrement, nous sommes tous appréciés à partir de notre filiation à Dieu. Cela veut dire que notre dignité, reçue de l’Eternel, est une dignité qui a un caractère absolu. Pour le dire avec les mathématiques, nous valons tous 100%. Nous sommes tous 100%, en Christ Jésus (100%=1). Il n’y a pas de personne à 90% ou à 60 % ou à 30%. Il n’y a pas d’individu de seconde catégorie. Il ne devrait donc pas y avoir de citoyens de seconde catégorie ou des personnes que notre Eglise considérerait de seconde catégorie.

Autre point important sur le plan social : cette égale dignité n’est pas à conquérir. Elle est vraie dès le départ. Inutile de jouer des coudes pour exister au regard de l’Eternel. Certes, au quotidien, la vie est autrement moins simple. Certains rasent les murs tandis d’autres ne se sentent vivants qu’en écrasant ceux qui sont autour d’eux. Il n’empêche que, dans nos domaines de responsabilité, dans nos lieux d’engagement, en famille, le moins dont nous puissions être témoins, c’est que la dignité d’une personne est un préalable, pas une récompense pour bons et loyaux services à notre profit. Pensons notre vie sociale en fonction de cette donnée et offrons à ceux que nous côtoyons cette grâce d’être reconnus à part entière comme membres de la communauté humaine, un être à 100%. Ajoutons que l’expression théologique « vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus Christ » indique que la fraternité n’est pas à construire, mais à découvrir et qu’il s’agit d’en vivre. A moins de faire de la foi une œuvre, la fraternité n’est donc pas à faire, mais à éprouver, à accueillir. Pensons notre société de telle manière que cette affirmation soit effectivement possible.

  1. Au niveau individuel

Voyons maintenant les conséquences de ce passage de l’épître aux Galates au niveau individuel. Ce passage biblique atteste que notre identité est inaltérable. Parce que notre identité ne dépend pas des circonstances, mais qu’elle a un caractère absolu, puisqu’elle vient de Dieu, manière de dire qu’elle nous est donnée sans condition, nous pouvons prendre conscience que ce qui nous fonde ne pourra jamais nous être retiré. C’est ce que l’apôtre Paul dira par ailleurs, en déclarant que rien, jamais, ne pourra nous retirer l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ.

Cela a une incidence majeure à chaque fois que notre vie opère un virage. Quand on change de profession ou qu’on la perd, nous sommes toujours un, toujours 100% humain. Quand nous changeons de statut familial, par un mariage ou un divorce, par un veuvage, par une naissance, nous sommes toujours un, toujours 100% humain. Quand on se rend coupable d’un acte délictueux ou criminel, nous ne perdons pas notre dignité absolue. Quand on est victime de harcèlement, d’escroquerie, de violence et qu’on a la honte chevillée au corps, nous demeurons 100% humains. Notre identité est en Dieu, elle est donc inaltérable.

Nous pouvons subir les affres de la vie courante qui ont de quoi nous affliger, altérer nos capacités, nous blesser physiquement ou spirituellement ; nous pouvons subir les méfaits de la violence sociale, nous pouvons être déçus par nous-mêmes, nous pouvons être découragés, il n’en demeure pas moins vrai que notre fond, lui, est préservé. Personne ne saurait être exclu de la filiation de Dieu qui ne dépend ni des hommes, ni de nous-mêmes.

Voilà ce que proclame le baptême qui n’est pas d’abord un acte d’Eglise, mais une prédication de la part l’Eternel qui met en évidence notre valeur intrinsèque, quelle que soit notre histoire personnelle, quel que soit notre parcours, quelles que soient nos défaillances et nos réussites. Dire que notre identité est en Dieu, c’est dire qu’elle ne dépend pas de ce que nous faisons ni de ce que les autres font de nous. C’est une manière de dire qu’il nous sera toujours possible de nous reconstruire sur les ruines de nos échecs et de poursuivre notre épanouissement quand nous pensons avoir tout réussi.

Le baptême n’est pas un diplôme qui couronnerait une carrière. D’ailleurs, le baptême tel que nous le célébrons n’est que le signe visible du baptême en Christ, l’authentique baptême qui n’attend pas la moindre décision de l’Eglise pour être effectif. Le baptême est un sceau qui atteste qu’il est juste et bon que nous soyons là, quoi qu’en disent nos proches ou nos lointains. Au moment où Jésus est baptisé par Jean, retentit cette parole divine : « tu es mon fils bien-aimé, objet de mon affection (Mc 1/11) ». C’est une vérité qui a une valeur absolue ; une vérité sur laquelle personne n’a de prise et qui ne peut être altérée par qui que ce soit.

Frères, vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ. En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n’y a plus ni juif ni païen, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous êtes un dans le Christ Jésus.

Laisser un commentaire