Questionner, pour sortir de l’enfance, de l’adolescence et devenir adulte – libre et responsable


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Deutéronome 6/20-24

20 Lorsque ton fils te demandera un jour: Que signifient ces préceptes, ces lois et ces ordonnances, que l’Éternel, notre Dieu, vous a prescrits ? 21 tu diras à ton fils: Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte, et l’Éternel nous a fait sortir de l’Égypte par sa main puissante. 22 L’Éternel a opéré, sous nos yeux, des miracles et des prodiges, grands et désastreux, contre l’Égypte, contre Pharaon et contre toute sa maison; 23 et il nous a fait sortir de là, pour nous amener dans le pays qu’il avait juré à nos pères de nous donner. 24 L’Éternel nous a commandé de mettre en pratique toutes ces lois, et de craindre l’Éternel, notre Dieu, afin que nous fussions toujours heureux, et qu’il nous conservât la vie, comme il le fait aujourd’hui.


Josué 4/20-24

20 Josué dressa à Guilgal les douze pierres qu’ils avaient prises du Jourdain. 21 Il dit aux enfants d’Israël: Lorsque vos enfants demanderont un jour à leurs pères: Que signifient ces pierres ? 22 vous en instruirez vos enfants, et vous direz: Israël a passé ce Jourdain à sec. 23 Car l’Éternel, votre Dieu, a mis à sec devant vous les eaux du Jourdain jusqu’à ce que vous eussiez passé, comme l’Éternel, votre Dieu, l’avait fait à la mer Rouge, qu’il mit à sec devant nous jusqu’à ce que nous eussions passé, 24 afin que tous les peuples de la terre sachent que la main de l’Éternel est puissante, et afin que vous ayez toujours la crainte de l’Éternel, votre Dieu.

 

Chers frères et sœurs, quand Georges vous demandera ce que signifie le baptême dont il a bénéficié ce dimanche, vous lui direz que c’est le signe qu’il a été aimé par Dieu dès sa tendre enfance. Et vous vous inscrirez, ainsi, dans la droite ligne de ce que les rédacteurs bibliques ont formulé dans les passages que nous avons lus. Vous ferez comprendre à Georges que nous n’avons pas attendu qu’il fasse des choses extraordinaires pour reconnaître qu’il est un être extraordinaire, au sein d’une communauté de personnes extraordinaires.

  1. Transmettre le récit de la grâce

En faisant cela, vous transmettrez à Georges une étape de l’histoire de la grâce de Dieu. Vous serez porteurs de cette histoire entre Dieu et l’humanité dont nous trouvons les premiers éléments dans les textes bibliques. Ainsi, vous lui ferez découvrir qu’il prend sa place dans une grande et belle histoire.

A. questionner pour sortir de l’enfance

Cette histoire commence en Égypte. C’est en Exode 13/14 au moment de sortir de l’Égypte où les Hébreux sont esclaves, qu’il est une première fois question des enfants qui vont interroger les parents pour leur demander ce que signifie l’agneau qui est mangé. La première étape de cette histoire, c’est donc la fin de l’esclavage. C’est un peu la fin de l’enfance, quand on est totalement dépendant de ses parents. Quand les parents font les choix à la place des enfants, sans qu’ils puissent les questionner – parce que les enfants n’ont pas encore une idée très claire de ce qui est bon et de ce qu’il faut éviter.

B. questionner pour sortir de l’adolescence

Puis vient le temps de la traversée du désert, le temps du Deutéronome. C’est le temps de l’adolescence. Le temps de la révolte. De la révolte permanente. C’est le temps où les enfants sont en train de devenir adulte et ils préfèreraient rester enfants. Ils préfèreraient avoir une vie sans trop de difficulté, justement une vie où il n’y a pas trop de choix à faire, une vie où on peut se laisser aller. C’est le moment où des règles, des décrets ont été établis pour baliser le chemin d’une vie qui ne part pas dans tous les sens et qui, par conséquent, ne mène nulle part. Et il est important pour les enfants de questionner les parents sur ces règles qui sont posées, pour comprendre le sens de ces règles, pour comprendre qu’elles ont pour but de nous sortir du désert où nous tournons en rond jusqu’à l’épuisement. La grâce consiste à injecter du sens dans notre vie. Cela nous permet de découvrir que notre monde n’est pas un grand bazar dépourvu de sens.

C. Entrer en terre promise, l’âge adulte

Troisième étape, l’entrée en terre promise. C’est l’accès à la pleine liberté. C’est le moment où l’on a intégré la loi, les commandements, les règles de vie commune, et qu’on peut apporter sa pierre à l’édifice. Que signifient ces pierres posées à Gilgal, lors de l’entrée en terre promise ? C’est le signe de la grâce divine qui accompagne notre histoire et nous permet de mettre en œuvre nos compétences, de faire valoir nos talents, pour faire de ce monde un monde plus juste, plus vivable. Le monde peut compter sur nous. Nous ne sommes plus les enfants qui suivent les parents. Nous ne sommes plus les adolescents qui se rebellent contre les parents. Nous sommes des adultes responsables qui apportent leur pierre à l’édifice commun.

La grande histoire de la grâce raconte cela. Et il est important de se transmettre cette histoire, sinon nous risquons de passer notre vie esclaves en Égypte, comme des enfants qui n’iront pas jusqu’au bout de leurs possibilités.

  1. Devenir les scientifiques de la foi

Pour que cette histoire de la grâce devienne notre histoire, il faut faire preuve d’un esprit scientifique. Et c’est là que vous, les plus jeunes, avez votre part à jouer. Car ce sont fils et les filles qui posent les questions. Questionner la génération précédente, c’est apprendre des parents ce qui nous sera utile pour nous orienter dans la vie. Mais c’est aussi exercer notre esprit critique pour que notre confiance dans la grâce de Dieu ne soit pas une foi aveugle, mais une foi qui nous relie à la vérité de la vie. Et la vérité a besoin d’une démarche scientifique. Les questions des enfants sont la base de la démarche scientifique. Quand vous demandez à votre mère « c’est quoi cette bouteille de lait ? », puis que vous lui redemandez le lendemain. Et que vous demandez aussi à votre père, à vos grands-parents, et que vous redemandez encore à votre père, puis à votre mère, et que vous comparez leurs réponses avec celles qui ont été données à vos camarades, vous adoptez une démarche scientifique.

Vous vérifiez vos informations en les confrontant à d’autres sources d’informations, jusqu’à trouver une réponse cohérente et donc fiable – jusqu’à preuve du contraire. Les questions des enfants sont essentielles dans la démarche de foi, car le propre de l’enfant est de n’avoir aucune barrière dans la recherche de la vérité. Pour l’enfant, il n’y a pas de mauvaise question. Il y a tellement de choses qu’il ne connaît pas encore, qu’il ne comprend pas encore, que le seul moyen qu’il a à sa disposition, ce sont les plus anciens – à condition de les interroger.

Le grand commandement pour les enfants, ce n’est pas d’être gentil tout plein, ce n’est pas d’être sage comme une image, ce n’est pas d’obéir au doigt et à l’œil des parents. C’est de poser des questions. Questionner les adultes pour mieux comprendre le monde. Pour grandir. Pour avoir plus d’éléments pour faire les bons choix dans la vie. Pour être au plus près de la vérité, qui a besoin d’expérimentations pour émerger au milieu de toutes les idées qui ne sont pas forcément justes.

  1. Transmettre le goût de la curiosité – questionner

S’il est fondamental que les enfants posent des questions à leurs parents, c’est pour réveiller les parents, pour les obliger à penser et à ne pas se satisfaire de ce qu’ils savent ou croient savoir. Disons le clairement, les questions des enfants sont là pour déranger les parents et pour les embarrasser. Car une question en appelle une autre. Et l’esprit scientifique appelle un raisonnement. Si les parents répondent des choses contradictoires ou pas tellement explicites, c’est aux enfants de poursuivre le questionnement.

C’est aux enfants de questionner les parents sur ce qui n’est pas très clair. Et voyez, dans ce texte, qu’il n’est pas prévu que les parents répondent : il faudra que tu le demandes au pasteur. Ce sont les parents qui doivent répondre, c’est-à-dire être responsables. C’est aux parents de réfléchir aux questions soulevés par les enfants, pour se réveiller, pour ressusciter en eux le goût de savoir, de comprendre. Pour ressusciter en eux le goût de la curiosité. Dans le domaine de la religion, il y a des questions simples comme « est-ce que c’est Dieu qui a écrit la Bible ? » avec des réponses qui méritent un art de la nuance. Et puis il y a des questions plus délicates, plus compliquées, mais essentielles, incontournables : « pourquoi y a-t-il des maladies ? » et quelle est la part que Dieu prend dans ces maladies – notez que c’est une question que les disciples avaient posée à Jésus. Autre question : « si Dieu aime tout le monde sans condition, pourquoi il laisse des gens tuer d’autres gens ? »

Dieu suscite et ressuscite le goût de la curiosité qui consiste à s’intéresser à ce que nous ne connaissons pas encore, à ce que nous ne comprenons pas encore, pour rendre notre monde plus familier. Les enfants sont là pour susciter ce questionnement qui permet de donner du sens à la vie, au lieu de rester les esclaves d’une vie pour laquelle nous n’avons rien à dire. Quand aux aînés, ils sont là pour transmettre cette histoire de la grâce, cette histoire où Dieu lie son avenir à l’humanité en lui permettant d’accéder un plus haut degré de liberté pour mener sa vie d’une manière aussi humaine que possible, c’est-à-dire pleinement responsable.

Amen

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