Sortir d’une vision confinée des personnes


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avec l’aimable participation de Constance Luzzati qui interprète La Portugaise de Forqueray

Luc 7/36-50

36 Un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien, et se mit à table.  37 Et voici, une femme pécheresse[1] qui se trouvait dans la ville[2], ayant su qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum,  38 et se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait[3] et bientôt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les baisa, et les oignit de parfum.  39 Le pharisien qui l’avait invité, voyant cela, dit en lui-même: Si cet homme était prophète, il connaîtrait qui et de quelle espèce [4]est la femme qui le touche, il connaîtrait que c’est une pécheresse40 Jésus prit la parole, et lui dit: Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Maître, parle, répondit-il. –  41 Un créancier avait deux débiteurs: l’un devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante.  42 Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l’aimera le plus ?  43 Simon répondit: Celui, je pense, auquel il a le plus remis. Jésus lui dit: Tu as bien jugé.  44 Puis, se tournant vers la femme, il dit à Simon: Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as point donné d’eau pour laver mes pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux.  45 Tu ne m ‘as point donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a point cessé de me baiser les pieds.  46 Tu n’as point versé d’huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds.  47 C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés : car[5] elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu.  48 Et il dit à la femme: Tes péchés sont pardonnés[6]49 Ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes: Qui est celui-ci, qui pardonne même les péchés ?  50 Mais Jésus dit à la femme: Ta foi t ‘a sauvée, va en paix.

 

Rudolf Bultmann, Foi et Compréhension I, p. 272 : « l’amour de Dieu, je ne puis qu’y croire quand il est réel et me rencontre dans l’histoire dans laquelle je me trouve. (…) L’amour n’est donc possible qu’en vertu de la foi qui saisit le pardon des péchés offert par la parole de Dieu et qui se sait aimée dans ce pardon et libérée par l’amour. »

Paul Tillich, L’être nouveau, p. 24 : « Jésus n’absout pas cette femme. Il déclare qu’elle est pardonnée. Son état d’esprit, son transport d’amour montre que quelque chose lui est arrivé. »

[1] La femme pécheresse est une pécheresse aux yeux de Simon (verset 39), une femme aux yeux de Jésus (verset 44)

[2] Cette indication pourrait indiquer que la femme est une prostituée qui arpente la ville.

[3] Le verbe brekho signifie pleurer, pleuvoir.

[4] Potapè : espèce, genre… catégorie sociale

[5] La conjonction grecque oti fait de la suite de la phrase l’explication et non la cause du pardon des péchés : l’amour est le signe, l’effet du pardon et non la cause du pardon.

[6] Le verbe est conjugué au parfait à une voix passive : le pardon a déjà été offert au moment où cette phrase est dite.

Un commentaire

  1. Oui, notre capacité à aimer n’est que l’écho du pardon de Dieu et non la voix qui l’a fait retentir. Mais si cette capacité nous semble trop limitée parfois, avant d’en déduire que nous aurions dû pécher un peu plus pour bénéficier de davantage de pardon, peut-être faudrait-il surtout cultiver la pleine conscience de ce pardon, et demander la sagesse pour que notre foi en prenne la mesure.

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