Notre identité est devant nous

Allocution du Pasteur James Woody à l’occasion de la cérémonie du Souvenir au cimetière protestant de Montpellier le samedi 2 novembre 2019, en présence du maire et des autorités militaires.

Chers amis, Chers frères et sœurs, en nous tournant vers ces tombes, nous nous tournons vers une histoire dans laquelle nous pouvons puiser ce qui nous est nécessaire pour forger notre courage d’être, ce qui nous sera utile pour faire face à la vie. Ce temps de souvenir est l’occasion de nous rappeler quel fut l’engagement de ceux qui nous ont précédés et qui ont agi de telle manière que nous puissions, à notre tour, faire histoire.

Ceux qui nous ont précédés avaient l’avenir pour horizon. Ce qu’ils avaient en commun, c’était leur sentiment de responsabilité face au futur. À la toute fin de la Bible, le livre de l’Apocalypse contient des versets qui nous aident à comprendre cela. Au chapitre 21, le rédacteur nous livre sa vision de la vie, il écrit ceci :

Apocalypse 21:1-4
1 Je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus.  2 Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux.  3 Et j’entendis du trône une forte voix qui disait: Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux.  4 Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.

Cela nous invite à penser ce qui fait notre identité commune non pas en regardant en arrière, non pas en conformant nos existences, nos choix de vie et nos choix de société, par rapport à ce que furent les normes autrefois, mais en regardant vers un horizon commun. C’est une manière de dire que notre identité ne se forge pas d’abord par notre histoire, mais par l’idéal auquel on adhère. Nous ne venons pas de nulle part. Nous ne sommes pas des êtres hors sol ni sans passé. Mais notre histoire n’est pas seulement ce qui est arrivé et qu’il faudrait prendre comme norme définitive de ce que nous sommes et de ce que nous devons être. Notre histoire, c’est aussi l’idéal que nous choisissons pour horizon, un idéal susceptible de renouveler de fond en comble le ciel et la terre, un idéal susceptible de renouveler notre univers. Avec un vocabulaire religieux, cet horizon, cet idéal, c’est le Dieu auquel nous disons oui, le Dieu en lequel nous avons foi. C’est le Dieu que nous faisons habiter parmi nous et qui désigne ce qui a pour nous un caractère ultime.

Cérémonie du souvenir.
Cimetière protestant de Montpellier

Ici, cet horizon est marqué par la fin des pleurs, par la fin des deuils, par la fin de la douleur. C’est un idéal qui indique que tout le monde se tourne vers ce qui favorise la vie et la joie de vivre. C’est un idéal qui indique que ce qui nous anime, c’est ce qui met fin à ce qui provoque la peine, à ce qui cause l’effroi, à ce qui cause les séparations. Il y a là un idéal de bonheur qui est aussi un idéal d’unité. Voilà un idéal chrétien qui a tout d’un idéal républicain.

Voilà un idéal qui transcende nos origines géographiques, linguistiques, culturelles, religieuses, politiques. Il y a là un idéal capable de forger une communauté nationale riche de ses multiples communautés particulières qui ont ceci de commun qu’elles sont tendues par le désir de réaliser, ensemble, une société ouverte sur l’avenir, une société qui œuvre pour mettre fin aux drames de l’existence et pour établir des relations fraternelles entre toutes et tous. C’est un idéal qui ne cherche pas à uniformiser les modes de vie ; c’est un idéal qui se présente comme une commune espérance qui transcende nos particularismes pour tisser notre unité.

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