La prière libérée

Chers amis, il en va de notre spiritualité comme de notre justice : elle n’est pas faite pour épater la galerie. Notre foi n’a pas à être une manière d’attirer sur nous les regards ou les honneurs. S’adressant à ses disciples, Jésus leur dit de faire preuve d’humilité quand ils prient. C’est dans l’Evangile selon Matthieu, au chapitre 6, à partir du verset 5

5 Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. 6 Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. 7 En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. 8 Ne leur ressemblez pas; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.

Cela signifie que notre piété ne doit pas être un moyen de recevoir des éloges qui, en fait, ne tiendraient compte que des apparences. Car on peut passer des heures dans une attitude apparemment priante, mais, au plus profond de notre cœur, former les projets les plus sordides qui soient. Ce qui compte, dans la prière, c’est l’intériorité, c’est le travail personnel que nous pouvons entreprendre pour changer profondément et devenir beaucoup plus humain.

Pas plus que l’habit ne fait le moine, la posture priante ne fait le croyant. Se retirer loin du regard des hommes, c’est se retirer loin de leur jugement et, par conséquent, être beaucoup plus libres pour faire de notre prière un dialogue authentique avec l’Eternel, c’est-à-dire pour prendre le chemin qui nous conduit de ce que nous sommes à ce que nous pouvons être. Pour cela, Jésus nous encourage à éviter les grandes démonstrations publiques, les grands déballages. Nous ne serions pas aussi libres de pouvoir être honnêtes avec nous, de pouvoir regarder en face le sale type que nous sommes parfois, ni de débusquer les fibres superbes dont est faite notre personnalité.

Plus que cela, en ayant le regard braqué sur ceux qui nous observent, en étant obnubilés par ce que les autres pensent de nous, nous n’avons plus de place pour recevoir la moindre parole divine : plus aucune disponibilité pour nous mettre à l’écoute de la parole de Dieu. Nous serions comme ces personnes auxquelles nous parlons, mais qui ne nous écoutent pas parce qu’elles sont captivées par leur image qui se reflète dans un miroir ou dans une vitre, à proximité.

Or, prier, c’est se mettre à l’écoute du monde, de la vie, en faisant abstraction des parasites, de toutes les interférences qui font écran. Jésus le dit bien : notre Père sait tout ce dont nous avons besoin ; pas la peine de lui faire un catalogue. C’est nous qui ne savons pas ce dont nous avons besoin. C’est nous qui avons besoin d’écouter. Comme le disait le pasteur Wilfred Monod : « la prière exauce Dieu ». C’est ainsi qu’il faut comprendre la prière que Jésus transmet à ses disciples : non pas ce que Dieu doit faire, mais ce que Dieu nous invite à accomplir. Notre programme pour aujourd’hui et les jours à venir tient en sept points :

9 Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié; 10 que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. 11 Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien; 12 pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; 13 ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen !

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